L'EX-VOTO

Le 27 Décembre 1862, par le travers de la Madrague Ville le bateau pilote N° 10 commandé par Melchior MOUTON, ayant à son bord trois autres pilotes et un mousse est brusquement assailli par un tourbillon de vent, et avant qu'aucune manoeuvre n'ait pu être tentée pour amener les voiles, il démâte et se retourne sur lui même. La mer est démontée tant bien que mal les hommes se dégagent, nagent et s'agrippent à la coque. Retourner le bateau est quasiment impossible, il ne reste plus qu'à attendre un éventuel secours, mais en Décembre l'eau est froide et les muscles faiblissent. C'est alors que Melchior aperçoit la Bonne Mère :

Tron dé Dièu, veses pas que sian eici e qu'anen se nega

Alors le miracle s'accomplit, car une "eissaugo" du patron Casimir TRICON, avait de loin assisté à la scène et à la force des rames se dirigeait vers eux. Le sauvetage n'a pas été une petite affaire, mais les voilà tout de même dans la barque des pêcheurs. Ils sont sauvés, la Bonne Mère l'a entendu et voici l'ex voto qui depuis orne son sanctuaire.

 


A la loupe, on peut lire " Voeu fait par les pilotes Melchior MOUTON, Honoré LAMBERT, Paul CAYOL et Marius CASSELLI mousse montant le bateau pilote N° 10 assailli par un tourbillon de vent qui le chavira complètement le 27 Xbre 1862 à 10 h. du matin par le travers de la Madrague de la Ville. Sauvés par un bateau pêcheur patron Casimir TRICON.

La Bonne Mère, l'avait certes entendu, et lui rendait ainsi le bénéfice du sauvetage qu'il avait lui même effectué, dans des conditions quasi identiques le 11 Mars 1845 en rade de Marseille, où il s'était porté au secours d'une embarcation de plaisance montée par deux hommes "qui surpris par une rafale de vent avait chaviré, les naufragés se tenant à la quille". Il avait pu alors malgré le très mauvais temps "sauver les hommes et ramener le bateau" (Livre d'or des pilotes du port de Marseille page 431)

Pierre, Marius CASSELLI, né le 9 août 1852, est âgé de 10 ans à l'époque du naufrage. Il est le fils de Nicolas, Honoré CASSELLI, pécheur, puis, plus tard, préposé des douanes, et de Claire JOURDAN de Mazargues. Ils se sont mariés en 1846. Domiciliés rue St Laurent, ils s'installèrent plus tard à Mazargues au 73 Grand-Rue.